jeudi 25 octobre 2007
Laon La vie de quartier « J'aime mon quartier mais... »
Au détour d'une conversation, cette habitante du quartier Champagne lance : « Dans notre quartier, on a une sensation de malaise ». Elle et son mari sont arrivés dans le quartier en 1984 avec leur petit garçon, 23 ans déjà ! « Ce qu'on resse nt le plus, c'est que les gens ne sont plus attentifs à leur entourage, il n'y a plus de tolérance » , s'exclame cette mère de famille, « à notre arrivée, je ressentais de la solidarité dans le quartier, spontanément les gens venaient vers nous, on se côtoyait, on se gardait mutuellement les enfants pour faire nos courses, aller chez le médecin ». « Il semble que depuis 5 ou 6 ans les mentalités changent, les gens se replient sur eux-mêmes », poursuit la maman. Elle constate que les ados sont devenus agressifs, qu'il y a des problèmes de drogue, certes comme ailleurs.
« J'ai un gamin de 22 ans qui a de la difficulté à trouver un emploi, une fille aussi ». Il ne s'agit pas de stigmatiser le quartier, mais un certain nombre d'habitants éprouvent le même sentiment. Cette habitante engagée dans le réseau associatif, qui connaît son quartier poursuit : « J'aime mon quartier mais je souhaiterai qu'il retrouve le calme ». Elle n'a pas de solution toute faite, mais elle estime qu'il faudrait davantage de structures qui accueillent véritablement les jeunes.
Elle souligne un paradoxe : « La population est devenue très mobile, mais les personnes d'origine étrangère ne peuvent être accueillies que dans nos quartiers ». Membre d'une association,
elle souligne que pour elle un être humain est un être humain, que l'association est là pour pouvoir aider.
Cette femme engagée s'exclame de nouveau : « Comment à la fois ne pas juger les nouveaux habitants et reconstruire de nouvelles solidarités ? » Des habitants ont l'impression d'un quartier délaissé : « Le point Champagne qui n'a pas bougé depuis 30 ans par exemple », « Pourquoi arriver à un truc pareil : est-ce les parents qui ont lâché ? ».
« Un quartier que l'on sent délaissé ».
Articlé paru le : 24 octobre 2007
Article publié sur le site du quotidien régional l'union Champagne-Ardenne Picardie
Laon L'identité de quartier doit s'affirmer
Que peut-on améliorer dans la ville ? Voici en résumé le but de la rencontre territoriale qui s'est déroulé mardi soir à la maison Marc Sangnier. Où l'esprit des quartiers a été passé au crible.
UNE des premières spécificités de la ville préfecture, le préfet Stéphane Fratacci, l'avait découverte de nuit, avec l'effondrement d'une partie des remparts. Mardi soir, le représentant de l'Etat a approfondi sa connaissance de la ville avec les synthèses des trois ateliers mis en place pour cette journée de rencontre territoriale de la ville.
Trois axes avaient été choisis pour ce scanner urbain, décrèté au niveau gouvernemental : l'accès à l'emploi des habitants, mon quartier dans la ville, et l'éducation pour la réussite.
« Tout ce qui a été dit ce soir, n'est pas un aboutissement. Mais une étape dans la politique de la ville qui doit se poursuivre » expliquait le représentant de l'Etat, une fois la synthèse annoncée.
« Pour avoir été présent dans les 3 ateliers, il y a des points qui sont revenus : communication, information, liens, il doit y avoir une appropriation de l'information qui circule par les habitants. Certes, elle peut être améliorée mais les habitants doivent continuer à être acteur de leur ville. Pour la suite, il y a les blogs, notamment celui de Fadela Amara. »
La secrétaire d'Etat en charge de la politique de la ville a lancé cette vaste consultation.
La contribution laonnoise va lui parvenir. Que pourra-t-elle y lire ? Que côté accès à l'emploi, « les organismes officiels auraient de meilleurs contacts, si un premier pas est effectué par un déplacement dans les quartiers. Les gens concernés auront ensuite plus de facilité à venir dans les organismes. »
Il a été aussi pointé que « les formations ne doivent pas être
remplies pour être remplies. C'est-à-dire mettre des personnes qui n'ont pas forcément l'envie d'y être. »
Problème de l'illettrisme
Concernant les emplois aidés, les travers ont été pointés : ce n'est pas un emploi à vie d'un côté, et il n'est pas jetable de l'autre. Pour l'éducation, un constat inquiétant est ressorti : « Les parents d'enfants en difficulté ne peuvent plus suivre car eux aussi ont eu des soucis. Il y a un problème d'illettrisme chez eux, et malheureusement, pas assez de structures qui combattent ce problème à Laon. »
Ce qui a ressurgi aussi est que la barrière parents — écoles est toujours forte.
Malgré quelques innovations par ci par là.
« Des liens informels sont à formaliser. Il a aussi été mis en avant le problème des jeunes parents, ceux âgés entre 16 et 19 ans. Cela démontre que le planning familial en place sur la ville n'est pas efficient. »
Identité forte des quartiers
Enfin, côté mon quartier dans ma ville, le constat a été simple : « En général à Laon, il y a un bon équipement. Avec un point noir, le centre social Champagne qui est actuellement en travaux. Pour les associations, un meilleur accompagnement est attendu. »
Il est ressorti de cet atelier que « les quartiers sont attachés à leur identité. Et qu'il n'y a pas forcément l'envie d'aller voir ailleurs, quand on a ce qu'il faut chez soi. »
Pour contrecarrer cet état, ne resterait plus qu'à remettre au goût du jour, des jeux… interquartiers.
Qui permettraient des rencontres, de l'activité, et des liens qui sont parfois délicats à créer.
Stéphane Massé
Stéphane Fratacci, préfet : « Le travail doit continuer. » 
Tous les acteurs sociaux ont délivré des pistes pour améliorer la situation. 
Les habitants des quartiers ont été sollicités pour connaître leurs attentes.
Nelly Chevalérias Union locale CLCV - Laonnois
Articlé paru le : 25 octobre 2007
Article publié sur le site du quotidien régional l'union Champagne-Ardenne Picardie
