lundi 16 mars 2009
Olivier Renaux, président de « Bien vivre à Semilly ».
Trois questions à Olivier Renaux
« Œuvrer pour Semilly »
Olivier Renaux, président de « Bien vivre à Semilly ». Comment s'est créée « Bien vivre à Semilly » ?
Le projet d'hélistation sur le quartier a mobilisé des habitants en 2002.
Rapidement un comité s'est constitué puis une association. Bien vivre à Semilly œuvre maintenant pour la qualité de la vie du quartier.
L'association est le relais entre les habitants et les différents acteurs institutionnels, politiques et associatifs.
Quelles sont les activités de « Bien vivre à Semilly » ?
Membre du comité de suivi des travaux de l'hélistation, attentive au respect des engagements pris par les promoteurs dans le domaine de l'environnement et à la protection du ru des près, force de propositions pour l'aménagement et la mise en valeur du patrimoine, nous proposons également aux habitants une animation : une brocante (le 17 mai), un voyage, une balade et un repas de quartier.
Le devenir de « Bien vivre à Semilly » ?
Nous voulons faire prendre conscience que Semilly est un véritable quartier, avec une âme.
Les structures de dialogue sont bien en place. Nous avons du pain sur la planche : la révision du plan local d'urbanisme (PLU), un projet de marché est en réflexion avec la municipalité…
Contact : 03 23 20 68 99.
Article paru le : 16 mars 2009
A Toulouse,
La fin de la trêve hivernale

A Toulouse, des militants ont installé des matelas pour réclamer l'arrêt des expulsions locatives. Crédits photo : AFP
Les défenseurs des mal-logés multiplient les actions, mettant en doute les engagements pris par la ministre du Logement, Christine Boutin.
Comme chaque année, la «trêve hivernale» a pris fin lundi. Cela signifie que les expulsions locatives redeviennent possible, et ce depuis 6 heures du matin. C'est pour protester symboliquement contre la reprise de ces expulsions que les groupes Emmaüs de la Région parisienne déposent symboliquement «une montagne de matelas» place de la République, à Paris.
Une opération coup de poing qui a déjà débuté dimanche à Toulouse, où des militants de l'association Droit au Logement (DAL) ainsi que des chiffonniers d'Emmaüs ont installé des matelas devant la préfecture pour réclamer l'arrêt des expulsions locatives à la fin de la trêve hivernale.
La ministre du Logement, Christine Boutin, a pourtant promis qu'aucune expulsion locative ne serait exécutée sans «solution de remplacement». Mais les associations y voient un risque d'extension des hébergements temporaires au détriment d'un relogement stable.
500.000 foyers menacés ?
Emmaüs souligne dans un communiqué que la France traverse une crise économique «qui va amener à la suppression de près de 300.000 emplois en 2009» et que le logement représente le premier poste du budget des Français. Les associations caritatives craignent une explosion du nombre de locataires évincés de chez eux avec la crise et la hausse brutale du chômage. Selon Droit au logement, 1,8 million de familles ont du mal à s'acquitter de leur loyer et 500.000 foyers en France vont de nouveau être menacés d'expulsion.
Dimanche, entre 1.100 et 5.000 personnes selon la police et les organisateurs ont manifesté à Paris à l'appel d'associations de défense de mal-logés. «Les personnes menacées d'expulsion doivent faire attention aux fausses promesses de Mme Boutin : vous devez rester dans les lieux jusqu'au bout de la procédure et n'hésitez pas à sortir de la honte», a scandé Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole de Droit au logement (Dal). «Les propos de Mme Boutin sont révoltants, si elle veut arrêter les expulsions, il faut un moratoire et l'application de la loi de réquisition (des logements vides, NDLR)», a-t-il dénoncé. Pour le président de la Confédération nationale du logement (CNL), Jean-Pierre Giacomo, le discours de la ministre «n'est pas crédible», citant le cas d'une famille expulsée dans l'Allier qui s'est vu proposer «trois nuits d'hôtels».
La semaine dernière, un collectif de 32 associations s'occupant du mal-logement a réclamé «un moratoire des expulsions locatives».
Laon Expulsions : inquiétudes à l'Opal
Depuis ce matin, les expulsions sont autorisées.
Plus d'expulsion sans solution de remplacement ? Les propos de Christine Boutin ont surpris le directeur de l'Opal car cela revient à dire, selon lui, que le loyer est accessoire ou facultatif.
C'EST aujourd'hui la fin de la trêve hivernale pour les locataires. A l'Opal, toutefois, personne ne va se retrouver à la rue avec ses valises.
Les expulsions sont extrêmement rares. L'organisme HLM, qui loge la moitié des Laonnois, réagit longtemps avant d'en arriver à cette extrémité. Résultat : il n'y a eu qu'une seule expulsion en 2008 et trois en 2007 pour 4 500 résidants. « Nous avons une politique très sociale » explique Christian Billot, qui s'avoue un peu surpris par les récents propos de Christine Boutin, promettant qu'il n'y aurait « plus d'expulsion sans relogement ou hébergement ». Le directeur applaudit des deux mains le fait qu'il n'y ait plus personne dehors, mais il regrette que la ministre du Logement ne fasse pas de différence entre les résidants de bonne foi et ceux de mauvaise foi. « Ce qui revient à faire croire que ne pas payer son loyer serait sans conséquence. Et c'est une façon de dire que le logement n'a plus de valeur et qu'il n'est plus respectable ». Christian Billot estime donc que cette distinction est importante pour ne pas décourager les gens de bonne foi. « Nous connaissons des familles en grande difficulté qui tous les mois font un effort considérable pour régler ce qu'ils doivent. D'autres roulent en BMW et nous doivent 5 000 euros de loyers… ». Alain Basset, directeur financier, et Janita Kinowski, directrice des affaires générales, sont eux aussi heurtés par certains comportements. Mais ils n'épargnent pas leur temps pour soutenir les gens qui en ont besoin. « Nous sommes mobilisés et motivés pour aller à la rencontre des familles et on réussit à régler les problèmes au cas par cas » expliquent-ils. Actuellement une dizaine de dossiers posent encore problème. Une commission doit se réunir début avril pour permettre aux résidents de venir s'expliquer une dernière fois. Auparavant, des démarches multiples ont été effectuées, depuis la sensibilisation par la communication (guide et lettre du résident), jusqu'au recours aux services et aides existantes. « Dès le premier mois de retard de paiement, un courrier est envoyé et la procédure amiable est enclenchée, visites, contacts téléphoniques, propositions de rendez-vous. Si la situation est délicate, une conseillère intervient pour rechercher, avec la participation du débiteur, une solution ». La commission « impayés » se réunit chaque mois. Elle prend une décision en fonction de la situation du locataire. Le passage au contentieux n'est envisagé que s'il y a refus de contact ou non respect des engagements. Cela étant, l'office doit évidemment équilibrer ses comptes. Et les loyers qui ne sont pas payés par les uns le sont finalement par les autres. En ce moment, leur montant représente 3,5 % du montant total des loyers. « En cette période d'inquiétudes face à la situation économique et à l'emploi, nous devons être encore plus rigoureux sur le plan du fonctionnement et freiner au maximum l'évolution des loyers. Nous avons une population très paupérisée qui paye le loyer grâce à l'APL. Si cette aide stagne, nous pourrions avoir à ralentir la partie compressible, c'est-à-dire la maintenance de notre patrimoine ». Ce serait au détriment des locataires. Marie-Christine Lardenois
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L'Aftam : « Pas de grandes difficultés »
L'Aftam, qui gère les structures d'hébergement des personnes à la rue, dispose si nécessaire de places en nombre suffisant. « Logiquement, sur Laon, nous n'aurons pas de difficultés » indique Jacques Thureau, le responsable de l'association. « En 2007, nous avons eu une famille expulsée et en 2008, deux personnes ». Sur les modalités du « pas d'expulsion sans relogement », il n'a pas de précision. « Tant mieux si cette mesure va de pair avec une politique de relance de l'accompagnement social. Nous attendons que cela se mette en place pour en savoir plus. Il y a eu à l'automne des effets d'annonce sur les places hivernales. Et elles ont été suivies de mesures concrètes. J'ose espérer que cela sera la même chose
». M.-C.L.
Article paru le : 16 mars 2009
