mardi 30 juin 2009
Interdits d'école et d'aire de jeux Les herbicides, trop utilisés
laon
Eric Delhaye explique que la volonté est toujours de limiter leur usage, mais les habitudes persistent.
La Ville a décidé de limiter l'usage d'herbicides, mais leur utilisation persiste, même au niveau d'aire de jeux, comme le déplore François Turquin, membre des Verts.
IL y a un peu plus d'un an, un Laonnois dénonçait l'usage, par les agents municipaux, d'herbicides au niveau d'aire de jeux pour enfants dans le quartier Saint-Vincent.
Mercredi, le sang de François Turquin, membre des Verts et directeur d'école à Ile-de-France, n'a fait qu'un tour.
Des méthodes alternatives
« J'ai vu des employés communaux traiter l'aire de jeux tout près de l'école. Ils n'avaient pas les combinaisons blanches, mais ils avaient bien le masque sur le visage. Les enfants vont toucher l'herbe après et s'en mettre plein les mains. Il faut savoir que des études ont montré que les herbicides étaient potentiellement cancérigènes », explique-t-il.
Il y a plusieurs mois, le directeur avait déjà été piqué en se rendant compte qu'un traitement avait eu lieu au niveau de l'école. « J'en avais parlé à Eric Delhaye, élu référent au niveau de l'école et maire-adjoint chargé de l'environnement et du développement durable. Il avait assuré que des consignes seraient données », poursuit François Turquin.
Il y a quelques jours, l'enseignant a de nouveau cependant remarqué les traces blanches caractéristiques au niveau de la pelouse de l'école, le long du grillage. « Il semble que les agents ont traité à l'extérieur et qu'ils en ont profité pour traiter l'école à travers le grillage », estime François Turquin, qui en a reparlé avec l'élu lors du dernier conseil d'école. « J'ai précisé qu'il fallait appeler dans ces cas-là, ce qu'il a fait mercredi, et le traitement de l'aire de jeux a été stoppé », explique Eric Delhaye. Ce dernier confirme que des consignes strictes ont été données pour que les herbicides ne soient pas utilisés au niveau des écoles, aires de jeux et fils d'eau. « D'une manière générale, la volonté est de limiter l'usage d'herbicides et de produits phytosanitaires. Cela passe par le paillage ou de la toile biodégradable au niveau des massifs. On utilise aussi des plantes tapissantes ou les copeaux de bois que nous réalisons avec notre broyeur », indique encore Eric Delhaye.
Il y a aussi une gestion différenciée des espaces verts. « Je continue à me battre, mais tout cela ne se décrète pas en un jour. Il y a le poids des habitudes. Pendant des années, toutes les collectivités ont traité à forte dose et les habitants sont parfois demandeurs. Aujourd'hui, on fait attention au dosage, on favorise des méthodes alternatives, mais ce n'est pas simple. Il peut y avoir des ratés et des piqûres de rappel sont alors nécessaires. »
Seule la main et la binette peuvent remplacer les herbicides à certains endroits. Il y a le gaz aussi, en brûlant les mauvaises herbes. « Mais cela fait des émissions de CO2...»
Yann LE BLÉVEC
Article paru le : 30 juin 2009
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